Participer à un colloque étudiant: comment, pourquoi, et après? Retour d'expérience

09.09.2017

Écrit par:

 (image: "presentation" par russell davies (CC BY-NC 2.0)

 

Colloque étudiant du CEPSI/CIPSS

« Institutions Internationales et Conflits » du 31 mars 2017, à McGill

 

Etudiante en doctorat de science politique à l’Université de Montréal, j’ai participé le 31 mars dernier au colloque du CEPSI/CIPSS qui s’est tenu à l’Université McGill. J’ai ainsi pu, pour la première fois, présenter mon projet de recherche à un auditoire d’initiés. 

 

Quand on travaille sur un sujet comme le mien, les opportunités de parler de ses intérêts académiques se font rares. Les sujets reliés aux guerres civiles, à l’Union Européenne, ou aux missions de maintien de la paix captivent souvent plus que tout ce qui a trait à la décolonisation, mon sujet de prédilection. C’est ainsi que lorsque j’ai appris qu’un colloque sur le thème « institutions internationales et conflit » allait se tenir, il m’est paru évident que je ne pouvais pas laisser l’occasion passer. 

 

Cet article a pour but d’exposer ce qu’est un colloque, mais aussi comment y participer et quels en sont les avantages. Ce qui suit est inspiré de mon expérience, mais tente aussi de parler de manière général, rendu possible par les retours d’expérience d’autres étudiants. 

 

Qu'est-ce qu'un colloque étudiant?

 

Un colloque étudiant est évènement qui permet aux participants de présenter leurs recherches en cours ou achevées, dans le but de recevoir des commentaires et suggestions. 

Un colloque étudiant a la particularité d’être réservé aux étudiants, ce qui rend l’expérience quelque peu moins intimidante mais aussi plus accessible aux non-professionnels. 

 

Comment appliquer?

 

La procédure d’application est assez simple. Il suffit d’envoyer un résumé de sa recherche (500 mots dans mon cas), ainsi que des informations personnelles (en partie afin d’assurer la représentativité des universités participantes).

 

Les procédures et les informations demandées peuvent varier selon les colloques. Un CV académique peut parfois être exigé.  

 

Dans mon cas, le délai de soumission de la proposition de sujet était le 25 janvier, c’est-à-dire deux semaines exactement après que j’ai découvert l’existence de ce colloque, soit pas beaucoup de temps pour faire murir mon idée qui n’avait pas encore été couchée sur le papier.

 

Les organisateurs ne s’attendent pas forcément à un abstract final à ce stade du processus, mais plutôt à une idée générale du thème du papier - cela permet de voir si celui-ci colle avec les panels prévus. 

 

J’ai reçu la confirmation de ma participation deux semaines après la soumission de ma candidature. Le fait que je soumettais mon papier en français a joué en ma faveur – le colloque était bilingue et la grande majorité des propositions avaient été soumises en anglais, ce qui réduisait la compétition pour moi. Les colloques bilingues sont relativement rares, mais jouer sur le facteur linguistique ou thématique peut être un atout. 

 

Comment soumettre son papier?

 

La proposition de communication que j’ai soumise fin janvier a beaucoup évolué au cours des deux mois suivants et ce jusqu’à la date de soumission du papier final, soit une semaine avant la tenue du colloque. L’exercice est de s’assurer que le papier reste dans le cadrage du thème de l’évènement. Le plus grand défi pour moi a été de m’en tenir à la limite de mots qui était de 8000. J’en était à plus de 20 000 quelques semaines avant. Le challenge a été de déterminer quoi couper. Une fois fait, j’étais prête. 

Encore une fois, il s’agit d’un colloque et non de la présentation d’un projet terminé et parfait. Les étudiants qui ont présenté lors du colloque partageait parfois des intuitions de recherche, des projets de recherche en cours, et certains des idées plus abouties. 

 

Le colloque est l’occasion de partager ses intérêts mais aussi de recevoir des commentaires et suggestions sur sa recherche. Il n’est pas attendu que tout soit parfait et prêt à être transformé en ouvrage le lendemain.  

 

Comment se préparer pour le jour J?

 

Une maitrise de son texte est bien évidemment incontournable – bien qu’il soit peu probable que les questions soient trop spécifiques car seul le discussant a lu les papiers des panélistes, on ne sait jamais qui est dans le publique. Le temps alloué à chaque étudiant est aussi restreint, ce qui laisse peu de place aux détails. 

 

Le plus important pour se préparer à la présentation orale est la pratique. J’ai pratiqué de nombreuses fois devant mon ordinateur et devant des amis afin de me tenir au temps qui m’était imparti, soit 10 à 12 minutes, qui est souvent le temps imparti. 

 

Un power point n’est pas obligatoire mais peut aider à la compréhension du sujet, notamment dans le cas où la terminologie est compliquée. Il faut savoir rester simple afin de ne pas détourner l’attention de l’auditoire. Il est question d’être clair et précis, d’introduire le sujet, la question de recherche ainsi que la thèse défendue. Le but est de rendre cela le plus à même d’être compris par le plus grand nombre, tout en partant du principe qu’ils sont tous éduqués de manière générale sur le champ dans lequel la présentation s’inscrit – dans mon cas, les relations internationales. 

 

Comment s'est passée ma présentation?

 

Mon panel était le seul en français, et nous n’étions que deux étudiantes à présenter à cause d’annulations de dernière minute, au lieu de quatre pour les autres panels. Cela nous a permis de passer plus de temps sur les questions et réponses. 

 

Ma présentation s’est passée aussi bien que je l’avais espérée – mes pratiques ont porté leurs fruits. Je me suis sentie à l’aise, aussi parce de nombreux visages dans l’auditoire m’étaient familiers (merci aux membres du CEPSI présents).

 

Après ma présentation, nous sommes passés aux commentaires du discussant (la seule personne qui a véritablement lu la soumission finale)  et aux questions du public.

 

Quels types de commentaires peut-on avoir à un colloque?

 

Tout cela varie bien sûr de sa présentation, du temps imparti et des membres de l’auditoire. 

 

Les commentaires du discussant Prof. Lee Seymour – que je connais par ailleurs très bien – ont été très constructifs. J’ai reçu des commentaires sur le fond, m’incitant à clarifier certains points, mais aussi à en approfondir d’autres. Le public a aussi très bien répondu à ma recherche, me suggérant de nouvelles pistes auxquelles je n’avais pas pensé. 

 

Le colloque a eu un impact particulier sur mon parcours académique dans la mesure où présenter mon travail m’a permis de me rendre compte de l’originalité de mon sujet, mais aussi de l’importance de la question soulevée. Les commentaires et questions que j’ai reçus mon ainsi incité à poursuivre ce sujet - c’est d’ailleurs désormais mon sujet de thèse de doctorat. 

 

Et après?

 

Il ne faut pas hésiter à contacter le discussant qui a sûrement noté ses commentaires lorsqu’il a fait la lecture du texte soumis. Et revenir aux commentaires qui ont été formulé durant la sessions de question est toujours utile. Le colloque a pour but d’aider l’étudiant et non de le bloquer, les commentaires sont donc bons à prendre en compte.

Le meilleur article du panel avait la chance de pouvoir être publié dans la revue étudiante de l’Université d’Ottawa. Cette proposition m’a été faite, mais j’ai décidé de ne pas l’accepter car je compte retravailler le texte et essayer de le faire publier dans une revue de relations internationales (en raison du copyright, un texte ne peut pas être publié plusieurs fois). 

 

Pour le moment, mon papier a été mis de côté car les examens de synthèse de doctorat ont pris le relais après le colloque. Mais je garde les commentaires et suggestions que j’ai reçus bien au chaud pour pouvoir les reprendre lorsque je me remettrais à la recherche. 

 

Le colloque a été une très bonne expérience et m’a permis de me conforter dans mon intuition : mon sujet est intéressant et ne peut se cantonner à un article de 8000 mots. A moi de continuer et d’en développer des sous thèmes, et pourquoi pas de présenter mon avancement lors d’un prochain colloque.

 

Je recommande vivement à tout étudiant de participer à un colloque. C’est une bonne expérience pour à la fois s’exercer à parler devant un auditoire, mais aussi l’occasion de recevoir des commentaires constructifs qui peuvent réellement faire avancer la réflexion, ce qui ne peut qu’améliorer sa recherche. 

 

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* Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et n'engagent pas raison d’état

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